Samuel Plimsoll, ami des marins, député du peuple

Amis Insoumis, à l’approche des législatives, laissez-moi vous raconter l’histoire de Samuel Plimsoll et de la « ligne de Plimsoll [1] ».

Il faut savoir qu’avec la révolution industrielle, les Anglais exportaient et importaient beaucoup de fret en provenance ou à destination de leurs colonies et ce, par bateau. Or, l’Angleterre a dû faire face à une multiplication de naufrages de navires marchands surchargés et désuets, tuant ainsi des centaines de marins marchands (à un tel-point qu’ils furent appelés « navires-cercueils. ») (En anglais : « Coffin Ships »). C’est certain que les navires pouvaient être surchargés depuis la nuit des temps, mais dans ce cas précis c’est le début du système des assurances qui a créé la notion de navires-cercueils. Il est à noter que ce nom est toujours utilisé pour désigner familièrement tous navires surassurés, de telle sorte qu’ils valent plus à leurs propriétaires suite à un naufrage, que lorsque le bateau flottait encore. Et c’est justement là le problème : les armateurs surchargeaient leurs bateaux en sachant pertinemment qu’ils gagneraient des sommes toutes aussi importantes et similaires si le bateau faisait naufrage ou s’il arrivait à bon port. Parce que nous étions aux prémices de l’assurance, peu comprenaient que l’assurance d’un objet quelconque pouvait changer les mentalités et le comportement des gens. (Comportement plus risqué avec l’assurance).

Ainsi, les armateurs étaient motivés à couler leurs propres bateaux sans se soucier que cela provoquerait de la mort de centaines de marins marchands.

Quelques temps après le naufrage du S.S. London, un député anglais du nom de Samuel Plimsoll fut élu au Parlement Britannique. Son but était de légiférer sur le sujet en faisant passer une flopée de lois sur la sécurité des transports de marchandises. Mais cela ne fut pas facile, puisque certains députés étaient eux-même armateurs ou, du moins, étaient amis avec des armateurs. Par conséquent, ils étaient opposés à toute régulation sur le sujet. C’est ainsi qu’aucune loi ne fut promulguée, face à une forte opposition. C’est ainsi que Plimsoll se tourne vers le peuple. Il écrit « Our Seamen », un livre où il détaille le problème. Grâce au support populaire engendré par son ouvrage, le « Merchant Shipping Act of 1876 » est passé. Cette loi a sommé tous les armateurs à peindre ce qui devint plus tard la « Ligne Internationale de Charge » sur les coques de bateaux afin que toutes et tous puissent savoir si le bateau est surchargé, à partir de la ligne de flottaison. Il est à noter que ces indications sont inspectées par des agences indépendantes, ce qui garantit la sécurité de chaque marin à bord.

Si vous vous promenez près d’un navire de marchandises, cherchez sur la coque pour un cercle traversé d’une ligne horizontale. Vous saurez que cette ligne, dite « de Plimsoll » sauve chaque année des milliers de marins, grâce à un député qui était près du peuple et qui s’est opposé aux riches et aux puissants.

Morale de l’histoire : Les lois qui changent le monde et sauvent des vies sont des lois déposées non pas par des députés qui sont liés aux grandes compagnies et aux puissants, mais plutôt par des députés qui ont à cœur la protection des salariés face à la quête incessante de profits mirobolants.

Travail collaboratif du Discord des insoumis (discord.insoumis.online), comme la multitude de projets sur lesquels nous travaillons pour la campagne sur Internet de la France Insoumise.

Jean-Luc Mélenchon et l’équipe de campagne de la France Insoumise ne sont pas responsables des initiatives du Discord des insoumis et n’ont pas participé à l’écriture de cette tribune.

[1] http://99percentinvisible.org/episode/episode-33-a-cheer-for-samuel-plimsoll/

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